vendredi 30 avril 2010

D'une case à l'autre

- Premières caisses emballées (et déballées) en vue du déménagement (de l’emménagement) définitif. Premier passage par la case IKEA, aussi. Reste à trouver un remplaçant ! *Un qui ne change pas d’avis deux jours plus tard.*

- Petite visite-retrouvailles chez Eliz et Simon, voir enfin la bouille du petit Abel, bien dodu comme un bébé de six semaines en bonne santé.
Le bambin surfe également sur la vibe technologique d'aujourd'hui: il a son blog !


- Je garde du concert de dimanche dernier un souvenir mitigé. Je dois bien reconnaître que j’ai pris du plaisir à chanter les œuvres communes (Tui sunt coeli de Roland de Lassus, Alma redemptoris de Joseph Jongen) ainsi que les deux pièces de César Franck (Psaume 150 et le chœur final de Rebecca). Pourtant, de manière générale, le concert manquait d’éclat, de panache. Bien que j’aie suivi ça des coulisses, j’avais par moments l’impression que la salle risquait de s’endormir. Les morceaux de variété (Brel, Lafontaine et Rapsat) ont bien fonctionné, je pense, mais il y avait pour le reste un petit côté poussiéreux. Sans parler de l’organisation, pauvre en idées fraîches et en communication solide. L’idée de l’apprentissage du chant de Geoffray au public est une très mauvaise idée.
Le seul moment vraiment réjouissant de la soirée, c’était la première partie, assurée par The University of the Philippines Singing Ambassadors (
UPSA), une chorale extraordinaire qui rafle sans cesse des prix partout dans le monde. C’était une vraie chance de les avoir, ils ont chanté une demi-heure avant de repartir fissa vers un autre concert. Une demi-heure de purs frissons. Techniquement à l’aise dans tous les styles, les 17 chanteurs en costumes philippins nous ont laissé bouche bée. Ils sont très forts. Après ça, on a dû passer pour des comiques.

Vivement le concert de Bruxelles, organisé par nos soins cette fois. Ma main au feu que la soirée aura plus d’allure. Et, surtout, le concert sera inauguré par la première mondiale de La Belle e(S)t la Bête de David Baltuch, interprété par Canto XX4. Voilà déjà plus d’un an qu’on y travaille. Durant notre week-end des 8 et 9 mai, on serrera les dernières vis, et le 29 mai, dans la salle du Conservatoire Royal de Bruxelles, il va se passer quelque chose. *il reste des places, allez sur le site de Canto XX4 pour réserver!*

Ca se termine par un magnifique
cluster.

- Le mois de mai arrive. Bientôt Roland Garros ! Bientôt le CMIREB, cette année consacré au piano ! Joie ! Demain, un mariage fort attendu.


- Notre saison de théâtre s’est terminée mardi soir avec Le Masque du Dragon, de Philippe Blasband, à L’Espace Delvaux.

Deux conteuses de tribus différentes, toutes deux réfugiées politiques, nous racontent l'histoire du Masque du Dragon. Une version traditionnelle, métaphorique et imagée, l'autre version moderne et réaliste. Chacune refuse de céder à l'interprétation de l'autre. Pourtant, grâce à la nécessité de survivre ensemble, au pouvoir des mots et des images, seules face à la peur de l'inconnu, elles finiront par rassembler leurs différences pour déconstruire leur haine et installer sur le plateau la drôlerie, l'harmonie et la paix.
Adaptée à la sauce africaine (à l’écriture, Blasband n’a pas pensé à des africaines pour jouer les deux conteuses), cette jolie fable réconciliatrice renvoie à une page d’Histoire (guerre entre ethnies africaines) et marque la rencontre entre le Nord et le Sud. Le terrain d’entente est un terrain d’écoute. Le partage culturel se fait par le biais du conte populaire, de ceux qui se transmettent de bouche à oreille. Sur scène, on se maquille, on se change, on y chante, on partage rires, pleurs et différences. Une pièce légère et profonde, poétique et chaleureuse, portée par deux comédiennes épatantes, Awa Sène Sarr et Babetida Sadjo.

- Un film décevant :

Green Zone *, de Paul Greengrass
Je reste client de Greengrass et sa façon casse-gueule mais diablement efficace à faire de l'action de cette manière, entre urgence incontrôlable et furie contrôlée. Le grain de l’image donne un joli rendu, particulièrement lors des scènes de nuit. J'apprécie également le casting : rien à reprocher à Matt Damon, et Brendan Gleeson, Amy Ryan et mon pote Greg Kinnear s’en sortent bien dans leurs petits rôles... La faute à qui ? Au scénariste. Son intrigue en mousse tente de nous passionner pour un fait d’actualité qui date d’il y a sept ans déjà : le prétexte des armes de destruction massives (imaginaires) pour renverser le régime de Saddam une bonne fois pour toute. C’est sans doute instructif pour l'américain de base, mais vite ronflant pour les autres. Greengrass fait ce qu’il peut, mais si c’est pour servir un scénario aussi bidon, autant chasser les mouches. C'est bien fichu, mais jamais on ne pétrit les accoudoirs.
Dans The Bourne Ultimatum, il y avait une vraie histoire, un réel suspense. United 93 c'était la reconstitution imaginaire mais quasi documentaire de ce qui a bien pu se passer dans l’avion détourné qui n’a pas atteint son objectif le 11 septembre 2001. Green Zone semble vouloir jouer sur les deux tableaux, mais c'est raté. Mauvais point aussi pour John Powell, qui se caricature lui-même avec une musique tambour-battante mille fois entendue.

- Deux films tout faibles, tous deux adaptés de BD :

Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec * de Luc Besson

Rien d'extraordinaire. Que Besson fasse de la pure BD mal dans sa peau (sur pellicule et non sur papier), c'est pas nouveau : le sympathique Cinquième Elément, l’horrible Angel-A ou même Léon et Jeanne d’Arc, auraient très bien pu être adaptées de BD. Maintenant qu’il en adapte vraiment une, ça ne fonctionne toujours pas : on s’y ennuie poliment. Poliment, car il n’y a rien de honteux. On sent la volonté de respecter l’œuvre de Tardi (n’ayant pas lu les BD, je ne peux pas mesurer), et il y a quelques idées cartoonesques amusantes, quelques maquillages sympathiques. Mais l'humour bessonien, omniprésent, lasse très vite. La direction d’acteurs laisse à désirer et l’intrigue, surtout, est inintéressante. Bref, la sauce ne prend jamais. Besson a déjà fait pire, mais c’est un échec de plus. Au moins aura-t-il donné envie de lire les BD.

Kick-Ass ° de Matthew Vaughn
Un ado fan de super-héros essaie d’en devenir un (Kick-Ass). Malgré l’absence de pouvoirs et les passages à tabac, il décrochera sa pette heure de gloire grâce au buzz. Il s’attirera vite des ennuis et des ennemis (mafieux locaux), mais trouvera de l’aide chez d’autres super-héros faits maison : un ex-flic timbré et sa fille de onze ans, lobotomisée en vraie machine de guerre.
Problème : c’est une comédie, et je n'ai pas (sou)ri une seule seconde. C’est ennuyeux et interminable. L’idée de base est bonne, mais elle déboule sur une histoire qui ne sait finalement pas quoi raconter. C’est une comédie, mais ils essaient maladroitement d’émouvoir à la fin. Ca se veut d’abord réaliste, puis ça t’envoie de l’action gore complètement grand-guignolesque. D’abord, ça montre les limites de la justice personnelle, puis ça la glorifie avec une histoire de vengeance qui pue la guimauve. Puis, le film n’assume absolument aucune position par rapport à la violence. Aucune réflexion, aucun degré (premier, deuxième, 36ème) n’est pleinement assumé. C’est n’est que du show, de la pose. Et puis c'est la pire direction musicale entendue depuis mille ans. Bref, beaucoup de bruit pour rien.

samedi 24 avril 2010

Volcano






C’est dingue le nombre de personnes enquiquinées tout ça parce que la Terre a lâché une grosse caisse. Une pensée compatissante pour tous ceux qui ont maudit, de près ou de loin, ce satané volcan. Mes parents bloqués en Israël, J&J empêchés d'aller à New York...
Plus douloureux encore, les amis Per & Dam et Tom & Marion, fraîchement mariés samedi dernier, ont dû reporter leur voyage de noce (ou se rabattre sur un plan B). Leurs fêtes étaient belles, en tout cas. C’est toujours cruel de devoir se couper en deux, mais tout s’est finalement bien mis. Et pour l’ouverture de la saison mariages 2010, le soleil était de la partie. La chorale d’amis du premier s’en est finalement bien tirée (merci l’organiste pour son soutien). Le DJ du deuxième a bien foutu le feu à la piste, comme demandé par les mariés. Vivement samedi prochain pour le mariage de la cousine, pour lequel les répétitions musicales promettent jusqu’ici une bien jolie messe. Reste à voir comment se passeront les retrouvailles dans l'ancienne demeure familiale.

- J’ai terminé mon écoute du superbe coffret "Sacred Music" édité par Harmonia Mundi.
29 CD de chefs-d’œuvre de la musique sacrée, du Moyen-âge à nos jours. L’écoute des premiers CD permet de mieux comprendre la naissance de la polyphonie, c’est passionnant. J’attribue mes coups de cœur à : l’oratorio de Noël de Bach, la belle version du Messiah de Haendel, les Stabat Mater (Pergolesi, Vivaldi, Rossini), les Requiem (Mozart, Brahms, Fauré, Duruflé), des extraits des psaumes de Mendelssohn, des chants orthodoxes absolument sublimes, quelques perles signées Monteverdi, de Lassus ou Bruckner et – énorme découverte – la MASS de Leonard Bernstein, œuvre décoiffante qui se démarque totalement du reste du coffret.

- Petit instant wiki: Leonard Bernstein fut un chef d'orchestre de génie et l'un des plus grands compositeurs américains du XXème siècle. Il est surtout connu pour la comédie musicale West Side Story, ses symphonies et la MASS suscitée.

Une petite leçon de direction:

Et un passage, mon préféré, de West Side Story, l'adaptation cinéma de Robert Wise.



- J-1 avant le Grand Concert A Cœur Joie #1, à Namur. J’ai hâte d’y être.

vendredi 16 avril 2010

One night at the BIFFF



Bien que j’aime voir des films à toutes les sauces, le genre fantastique n’a jamais été mon genre de prédilection. Toutefois, passer une soirée au BIFFF (Brussels International Fantastic Film Festival) était une lacune à combler d’urgence – le festival existe depuis 28 ans. Voilà qui est chose faite.

Le BIFFF, c’est quoi ? C’est tout d’abord un festival : une douzaine de jours de films en avant-première (belge ou internationale), de copies inédites, de "stars", de festivités (Bal des Vampires, concours de body-painting, stand de maquillages, expos… et j’en passe). Le superbe cadre de Tour & Taxis s’y prête très bien. Les films sont donc tous du genre fantastique, mais au sens large : horreur, science fiction, gore, zombies, comédies horrifiques, séries B ou Z… Au plus il y a de sang, au mieux c’est. Dans le programme, les films indiqués du petit logo -16 sont autorisés au moins de 16 ans. Donc pas de jeunes ados dans la salle, mais une foule d’aficionados du genre, de vétérans du festival, de vieux habitués et de jeunes néophytes, dont je faisais partie. Et le plus réjouissant pour les nouveaux, c’est de découvrir la véritable ambiance du festival : celle dans la salle. La coutume, puisque c’en est devenue une, c’est de commenter le film, comme le ferait une bande de potes affalés dans le canapé une chope à la main. Tout au long du film, des vannes, de préférence drôles, sortent des quatre coins de la salle obscure. Le résultat de cette pratique, c’est de passer assurément, quelque soit la qualité du film, une bonne soirée de poilade…

Petit lexique (non exhaustif) à l’usage du BIFFF-idus actif :

- Quand le présentateur du film dit que le jury est dans la salle : "BOUJOUR JURY !"
- Les bandes-annonces sont vivement applaudies, surtout quand elles sont sanglantes.
- Quand s’affiche le carton demandant d’éteindre son portable : "ON S’EN FOUT !!" (dans les trois langues : "DE POT OP !", "WE DON’T CARE !")
- Quand quelqu’un se lève ou arrive en retard : "ASSIS ! ASSIS !!"
- Quand un personnage "oublie" de fermer une porte : "LA PORTE !!"
- Après une effusion de sang ; exprimer son enthousiasme. Plus c’est gore, plus les cris et applaudissements seront nourris.
- Quand un personnage vient d’effectuer "un numéro", ou un exploit de très faible importance (par exemple quelques notes au piano) : tout le monde applaudit.
- Quand un personnage est particulièrement méchant : quelqu’un lance "MAIS POURQUOI EST-IL/ELLE SI MECHANT(E) ???" Réponse de la salle : "PARCE QUE !!"
- S’il y a des baisers ou des scènes d’amour : cris et sifflements, proportionnels à la chaleur des étreintes. Manifester son mécontentement si la scène est écourtée. Si la scène est réussie : "C’EST VRAIMENT UN TRES BON FILM !"
- Quand on voit un personnage de dos, qu'il y ait un danger ou non : "DERRIERE-TOI !!"
- Quand un personnage s’aventure vers le danger : "VAS-Y !" (ou bien, selon l’affection portée au personnage : "N’Y VA PAS !")

Bref, on se marre énormément. J’en oublie certainement beaucoup, mais le principe est de fonctionner à l’improvisation. De nouvelles vannes sont inventées à chaque film.

On pourrait craindre que cette ambiance ne gâche un film, surtout s’il est bon. Ce n’est pas le cas! D’ailleurs, plus le film est bon et prenant, moins le public chahutera. De plus, cette ambiance bon enfant peut calmer les angoisses de ceux qui sont sensibles aux films effrayants (ils sont, il est vrai, assez rares dans la salle).

Quelques mots sur les films vus, deux inédits en Belgique :

Valhalla Rising ° (Le Guerrier Silencieux, en VF), de Nicolas Winding Refn
Bon, j’ai rien compris. Mads Mikkelsen (ici dans un rôle muet) joue un guerrier de combat borgne qui s’échappe de son geolier et s’embarque avec des vikings vers une terre inconnue… Sans l’ambiance dans la salle, je me serais sans doute endormi. On sent la volonté du réalisateur de créer un trip sensoriel, de créer une ambiance fantastique à la Aguirre, avec de la brume, des gros plans mystérieux, des effets sonores, de la musique rugueuse… Mais rien n’y fait, c’est grotesque à souhait et chiant comme la mort. En plus d’être prétentieux, Valhalla Rising est creux, ronflant, cheap. Sans intérêt.
Le film fut donc très chahuté et on s’est bien marrés, grâce notamment aux dialogues du film, rares mais risibles.

Orphan ** (Esther en VF) de Jaume Collet-Serra
"There’s something wrong with Esther", nous dit l’affiche. Effectivement, il y a vraiment quelque chose qui ne va pas chez cette fille de 10 ans. Dans la famille qui vient de l’adopter, elle crée le mal. Elle se fait manipulatrice, elle monte le papa contre la maman… Et au fur à mesure des incidents (homicides compris), elle représente une vraie menace pour toute la petite famille. Survient alors cette saisissante révélation finale, un brin too much mais qui fait réellement froid dans le dos. Le dernier quart d’heure, climax de la tension et de l’affrontement, vaut son pesant de frissons et de spectacle. Si Jaume Collet-Serra assume le côté grand-guignol, il a plus de mal avec le second degré et le rapport au genre. Souvent, le film se fait effectivement souvent crispant à se montrer effrayant gratuitement. Faire sursauter le spectateur avec des coups d’archets stridents sur l'oiseau qui s’envole (ou d’autres clichés du même genre qui n’ont absolument aucun rôle narratif), c’est d’un ringard… Ces maladresses mises à part, on passe un très bon moment. L’histoire est bonne, et elle réussit parfaitement à nous faire haïr ce personnage hautement maléfique. Un personnage qui marque vraiment, grâce notamment à l’interprétation stupéfiante de la jeune Isabelle Furhman. Le casting est d’ailleurs fort plaisant, car c’est l’excellente Vera Farmiga (The Departed, Up in the air) qui tient le rôle de la mère persécutée.
Dans la salle, une ambiance du tonnerre. Le Prince Laurent et la Princesse Claire, présents, ont apparemment beaucoup aimé. *je dis ça j’en sais rien en fait*

mercredi 14 avril 2010

Recettes de saison

- Sur Internet, on vend parfois n’importe quoi. Si vous tenez à ridiculiser votre chien, offrez-lui un cache-anus.

- Les jours passent à une allure folle. Le printemps semble être de retour pour de bon. Juste à temps pour commencer la saison des mariages. On commence en force avec deux épousailles ce samedi (ou comment devoir se couper en deux).
Une autre saison qui commence, c’est celle des barbecues, inaugurée samedi dernier pour fêter le départ de deux amis, en route pour Vancouver pour une durée indéterminée. Mémorable journée/soirée sous le soleil de campagne, dans l’odeur des saucisses grillées, à rire autour de cette table digne d’un célèbre banquet gaulois. Sans au revoirs larmoyants. La recette d'une bonne fête d'adieu. Bon vent à eux deux.

- De mon côté, on ne peut pas dire que ce fut fort fructueux, jusqu’ici. J’ai dû essuyer quelques refus douloureux. Dans le quotidien, il est parfois difficile de trouver la bonne recette, le bon équilibre entre le travail (rythme de recherche que je devrais sans doute accélérer) et le loisir du temps libre (écriture, films, visite d’amis *toujours pas vu le bébé d’E. et S.*, préparer les concerts de Canto XX4, préparer les messes de mariages…).
Allez, keep on the sunny side of life.

- Bientôt Cannes ! Demain, la sélection officielle sera annoncée. Le suspense de savoir si oui ou non Tree of Life de Terrence Malick sera présent est à son comble. Pour suivre toute l’actu cannoise (et déjà découvrir le jury, l’affiche, etc.), rendez-vous sur le blog de la rédaction de mes copains de FilmDeCulte.

- Bon, un petit topo de mes dernières excursions en salles.

How To Train Your Dragon ***, de Chris Sanders et Dean DeBlois
L'histoire de Hiccup, jeune Viking peu à son aise dans sa tribu où combattre les dragons est le sport national. Sa vie va être bouleversée par sa rencontre avec un dragon qui va peu à peu amener Hiccup et les siens à voir le monde d'un point de vue totalement différent. (synopsis allocine.fr)
Avec DreamWorks Animation (volet images de synthèse), ce n’est pas la grande histoire d’amour. Fourmiz, Shrek (le 1er), Over the Hedge et Kung Fu Panda sont très sympathiques, mais pour le reste, leurs productions (Shark Tale, Madagascar, Bee Movie, Monsters vs Aliens, etc.) n’ont pas marqué l’histoire et n’arrivent pas (je dis ça sans les avoir tous vus) au tiers du quart de la cheville de Pixar, pour citer leur concurrent le plus direct. Tiens, c’est l’occasion de ressortir ce petit comparatif trouvé sur internet sur la différence, un peu vache mais aussi tellement vraie, entre la recette de Pixar et celle de DreamWorks (cliquez sur l'image).

Surprise, la dernière production DreamWorks vient changer la donne (*ah, on me dit que Shrek 4 va débarquer*). Vraiment, ce Dragons (comme d’hab, la VF ne se foule pas) est une réussite. Aux commandes, on retrouve les réalisateurs de Lilo & Stitch, un des derniers Disney traditionnels plaisants.
Au niveau du scénario, on est encore très loin du génie des (meilleurs) films de Pixar. Certes, on nous a épargné cette fois l’humour idiot et les références à tout-va (je sauve le clin d'œil évident à Gladiator), et il y a une vraie maturité dans l'écriture, particulièrement dans les relations entre les personnages. Par contre, les thèmes exploités sont vus et revus (un membre d'une communauté qui ne se sent pas à sa place; amitié avec "l'ennemi"; le fils qui ne trouve pas la reconnaissance du père; etc.), et l'intrigue, très balisée, ne surprend à vrai dire jamais. Malgré tout, le film démontre une belle efficacité, ne souffre d’aucun coup de mou, et emporte l’adhésion grâce à ses personnages attachants et une direction artistique de haut vol. La 3D donne encore plus d’ampleur au spectacle, particulièrement dans les scènes de vol, littéralement époustouflantes.
Amusant, touchant et décoiffant, ce How To Train Your Dragon vaut assurément le détour.

Ce fut donc mon premier 3D à l’UGC, qui a enfin investi dans cette nouveauté technologique. L'expérience fut concluante. Restons toutefois prudents et fions-nous aux échos : tous les films projetés en 3D ne valent pas forcément le détour. Il peut en effet arriver que la 3D ne soit parfois pas assez convaincante pour mériter le supplément d'un euro. Alice en 2D, ça suffisait. Quant à Clash of the Titans °, la 3D apparemment complètement foirée était carrément déconseillée. Voilà ce qui arrive quand les producteurs veulent "gonfler" leur film en 3D pour surfer sur la vague Avatar
Vu en 2D donc, le film de Louis Leterrier (un français qui a déjà commis à Hollywood deux Transporter et le deuxième Hulk) est un fameux ratage qui sent le navet à plein nez. Ce remake du film ringardo-kitsch de 1981 est l’exemple type du blockbuster concon et sans âme. Il n’y a pratiquement rien à sauver dans ce film, principalement handicapé par un scénario pour les neuneus (intrigue faible, personnages inexistants, dialogues risibles), une accumulation de poncifs et un sens prononcé du ridicule : il faut voir Liam Neeson déguisé en Zeus... Sam Worthington, héros d’Avatar, est ici très mauvais. Même pas de quoi se contenter avec l’action bourrine: tout est laid et ennuyeux.

Aucun ennui par contre devant Soul Kitchen **, de Fatih Akin.
En deux films (Gegen die Wand et Auf der anderen Seite), Fatih Akin s’est fait un nom dans la famille du cinéma d’auteur européen qui traverse les frontières. Avec ce Soul Kitchen, le réalisateur allemand d’origine turque change complètement de registre et, exercice ô combien périlleux, s'essaie à la franche comédie. C’est l’histoire de Zinos, qui tient un petit restaurant qui ne paie pas de mine. Quand il décide de confier le resto à son frère fraichement sorti de prison (toujours bon Moritz Bleibtreu) et à un chef coq déjanté pour rejoindre sa copine à Shanghai, les ennuis en tout genre commencent.
Avec cette histoire légère et rocambolesque, Fatih Akin tire la carte "comique" au maximum, quitte à essayer des idées moins bonnes que d'autres. Le dernier acte s’essouffle d’ailleurs un peu et affaiblit la fin. Heureusement, le scénario basique est rattrapé par des personnages attachants et de bons dialogues. En somme, on passe vraiment un bon moment de comédie, avec des comédiens qui s'en donnent à cœur joie ainsi qu’une BO qui teint ses promesses. Et puis, Soul Kitchen a mine de rien une vraie classe visuelle. Quand on voit le nombre de comédies filmées à la truelle et quand on voit le soin (mise en scène et photo) porté à celle-ci… C’est du travail de vrai cinéaste.

jeudi 8 avril 2010

Semana Santa

- Quelques vues de notre séjour madrilène. Si vous y voyez votre nouveau fond d'écran, cliquez pour ENLARGE YOUR PIC.


Madrid n'a pas de Tour Eiffel ou de Statue de la Liberté, mais il y a quand même quelques endroits emblématiques, comme la place la plus célèbre de la capitale, la Plaza Mayor. Ca pullule d'artistes de rue et de restaurants attrappe-toutous.


Des petits balcons noirs comme ça, il doit y en avoir des milliers...


Le Vendredi Saint est une des journées les plus importantes de l'année. A travers la ville s'organisent de nombreuses processions de pénitents des différentes confréries. Le tout-Madrid se rassemble en masse pour voir passer le cortège, d'une lenteur qui défiera les plus patients. Rarement vu autant de MONDE dans une ville.


Une vue étrange à l'entrée du Caixa Forum. A l'intérieur, l'exposition "Foto Pres" était à glacer le sang. Particulièrement le reportage d'
Emilio Morenatti sur les femmes pakistanaises brûlées à l'acide. Le film Paso Doble, oeuvre céramico-chorégraphique de Miquel Barceló et Josef Nadj (filmé par Bruno Delbonnel) était également impressionnant.


Madrid est une ville très verte. Se balader au parc du Retiro est un vrai délice. Bon souvenir aussi du coucher de soleil au Templo de Debod.


Assister à un corrida est un fameux spectacle. Il y a quelque chose de fort de découvrir enfin cet élément essentiel de la culture espagnole. Olé! Le cadre de la Plaza de Toros de Las Ventas est grandiose. Par contre, il faut mettre de côté sa sensibilité à la mise à mort en direct d'animaux. Après le quatrième taureau, dont l'agonie était particulièrement pénible à voir, nous avions notre dose.


On ne compte plus les petites places où plane une apaisante douceur de vivre. Elles forment des étapes idéales pour de belles et longues ballades à travers les quartiers moins envahis de touristes.



Quelques autres vues typiques de la ville. La ville a beau être parfaitement desservie par le réseau de métro, Madrid se visite surtout à pied.
El Oso, le Manneken Pis madrilène.

- Au rayon culturel, outre le Caixa Forum, nous vécumes plusieurs moments forts dans les trois musées les plus renommés de Madrid: El Prado (un gros morceau qui croule sous les chefs-d'oeuvre de Goya, Velasquez, Bosch, Rubens, El Greco, et j'en passe... époustouflant); le musée Reina Sofia (passionnante exposition sur l'art espagnol du XXème sciècle, qui abrite le fameux "Guernica" de Picasso); le musée Thyssen-Bornemisza (superbe collection privée où l'on y trouve aussi bien les impressionnistes français que les avant-gardistes du XXème sciècle).
- Un city-trip n'est rien sans un peu de gastronomie locale. Tapas au bacalao (la morue, à tomber), bocadillos aux calamaras frits ou à la tortilla, paella de marisco, gazpacho et sangria (pour rappel, le mojito est CUBAIN *hum*), chorizo et jamon serrano, etc. Matières grasses garanties.
- Notre hôtel ne payait pas de mine, mais se trouvait à 50m de la Puerta del Sol. Notre chambrette se trouvait côté cour au bout d'un couloir... Bref, la paix.
- A ceux qui se poserait la question: oui, il a fait beau. A part le deuxième jour (gris et pluvieux), il a fait bleu. Un brin trop frisquet pour enlever le petit pull, mais bon, on préfère ça que la canicule.