mercredi 31 décembre 2008

Season's greetings

Quelle année incroyable, quand même... Année de la crise, évidemment. Crise économique et financière, tout ce bordel, et crise gouvernemantale *ah on me dit que ça date d'avant 2008*. Crise sentimentale aussi. Le nombre de couples a priori solides qui ont pété autour de moi...! G&H, N&S, H&O, S&A, S&D, V&V, D&J, Y&A... et j'en oublie, je crois. L'hécatombe. Heureusement, quelques joyeuses annonces de naissances ou de fiançailles sont venues rééquilibrer le déprimomètre.
De mon côté, mes histoires d'ado de 16 ans paraissent bien comiques à côté de tout ça. Rateau avec N, feu de paille avec A, rateau avec L, incompatibilité avec C, histoire qui n'a pas décollé avec D, rateau avec S, et "it's complicated" avec S.

Sinon, qu'est-ce que je retiens de 2008?

- Une démission. Un nouveau contrat. Mission accomplished.
- L'aventure Perrichon, inoubliable. Rendez-vous en 2009 pour Frédérick!
- Un excellent cru rayon vacances: sports d'hiver fabuleux, Suède inoubliable, Maroc merveilleux...
- Du chant à gogo: les mariages Carpe, la fouletitude de mariages, l'intégration chez Canto XX4... Rendez-vous en 2009 pour le Carmina Burana!
- Des solides fêtes au Basset, à Paris... et des fêtes de mariage mémorables (N&G, N&S, P&JC, S&G, M&AS, P&R...).
- Découvertes de Jean Boudin & Poupette. Santé!
- et plein d'autres brols...

A tous ceux qui lisent ce message (et même aux autres, tiens), une année 2009 pleine de joie, de bonnes surprises, de bonne humeur et de bonne santé.

Une petite vidéo ultra célèbre mais on ne s'en lasse pas...


Et regardez la version "wallonne" réalisée par Vers l'Avenir pour leurs voeux de fin d'année... Salut à l'ami Cédric! ;-)

dimanche 28 décembre 2008

Showmen

- Je disais donc: Australia c'est très mauvais, n'y allez pas. Moi aussi je pensais "allez, pour les fêêêtes, un beau et grand film d'aventures à l'ancienne, sur grand écran...". C'est ça, paie ta PURGE. Une caricature sur pattes, une montagne de clichés. Et c'est même pas beau à regarder. 2h40 qui paraissent durer le double. Dans mon bilan 2008, actuellement en chantier, il se dispute le prix du navet de l'année.

- Pour rester dans les spectacles médiocres, je ne vous ai pas encore parlé de Mozart vs Mozart, spectacle musico-comique qui se joue actuellement au BOZAR. Le principe est simple: faire rire avec Mozart. Deux comédiens/musiciens (Léopold, qui est aussi narrateur, et Wolfgang), accompagnés par un petit ensemble de cordes, assurent le show. Dieu que c'est décevant... C'est pas honteux, hein, juste très très moyen. Cela commence pourtant bien: tandis que Léopold trime sur une commande, le petit Wolfie tripote à ses jouets... La Symphonie des Jouets, son oeuvre la plus connue, est née. Malheureusement, le meilleur sketch est passé. Bon, je retiens quand même un sympathique duel où les deux comédiens se disputent, sur un medley d'airs d'opéra, les honneurs de la pizza ou de la pasta. Quelques revisitations (un Requiem jazzy au sax, du Mozart à l'irlandaise) étaient plaisantes aussi. Pour le reste, ce n'est simplement pas très drôle, pas très fin, voire complètement lourd, ou même dépassé! Des sketches sur la Star Ac' ou sur le Prince Laurent, c'est d'un ringaaaaard... D'accord, c'est un spectacle familial, "pour les fêtes", tout ça, mais l'humour facile, je dis non. La Framboise Frivole, dans le même genre, est largement plus exquis que ce pavé d'humour populaire. Et je veux bien accepter le principe qu'il ne faut pas prendre la musique classique au sérieux, mais je n'y ai pas vu beaucoup d'amour pour Mozart. On riait souvent de et pas avec Mozart. De plus, musicalement c'était assez limite. OK, les deux compères alternent avec facilité piano, violon, trompette, flûte, saxophone... Mais je n'y ai vu aucune virtuosité. Même l'ensemble ne m'a pas impressionné. Il faut dire, le son dégueulasse n'a pas aidé. Bref, j'en suis sorti l'envie de ressortir mon coffret de 170 CD (dont ils se sont tant moqués) et de m'affoner du vrai Mozart, n'importe lequel. Ce fut Don Giovanni, et j'ai pris mon pied.

- Pour rester au rayon des rencontres populaires: la messe de minuit du 24... qui s'est transformé en kermesse au boudin. J'ignore qui a eu l'idée, mais toute la messe fut accompagnée par un "organiste professionnel". Professionnel je veux bien le croire, mais "organiste", t'y vas un peu fort, Père Augustin! Il s'agissait donc d'un joueur de synthé - et pas un simple synthé, hein, le synthé DE COMPETE. 1m50 de long, régiment de petits boutons, plusieurs petits écrans, enceintes montées sur pied aux quatre coins de l'église... Mais tout ça ne valerait rien sans le maître d'oeuvre: le joueur. Magnifique. Il avait la panoplie complète: le gros bide, le veston sans col, la petite cravate texane, la bague argentée au pouce, la petite mouctache courte, les crolles dans la nuque, le chewing-gum dans la bouche. Et ce petit air vainqueur, cool mais affirmé, profondément convaincu que les sons que sa machine émet des sons agréables aux oreilles. Chaque chant de Noël (ils y sont tous passés) ou de messe (même les incantations style "par luiii avec luiii et en luiiii...") était donc assaisonné avec la sauce "ascenseur": flûte de pan pour l'air principal, nappes de violons pour les harmonies, rythmes de batterie préenregistrés pour swinguer le tout. Imaginez "Entre le boeuf et l'âne gris" interprété par ces péruviens déguisés en chefs sioux qui arpentent les quartiers piétonniers des capitales européennes. La chorale, en sous-effectif, a fait ce qu'elle pouvait pour se faire entendre. Mais le synthé était plus fort. Moi je fus partagé entre dégoût et amusement. J'aurais préféré le recueillement.

- Trève de pisse-vinaigre: un petit mot sur un homme de talent: Gad Elmaleh. Vendredi, j'ai regardé avec mes parents son nouveau spectacle, Papa est en haut. Eh bien, ça ou une série de cinquante abdominaux, c'est pareil! On a ri comme des hyènes pendant 2h. Cela faisait longtemps que je n'avais plus autant pleuré de rire. Ce mec est doué. C'est curieux, autant je trouve qu'il fait n'importe quoi avec sa carrière cinéma/télé, autant je trouve que pour le "stand up show" (inspiré des USA - Jerry Seinfeld est son modèle), il n'a pas d'égal en France. La recette est pourtant simple: prenez un immense talent de comédien et une source d'inspiration infinie (l'observation du quotidien), puisez-y une avalanche de gags, et liez tout ça pendant 120 minutes, sans continuité et sans temps mort. Mijotez à l'improvisation de temps en temps. Savourez.

Outre l'exploit de maintenir non stop une salle de 3800 personnes (ou un canapé de 3 personnes) complètement hilare, Gad offre un vrai spectacle: fan des grands noms du burlesque (Keaton pour ne pas le citer), il adore utiliser son corps tout entier. Tout gag mérite son mime. De plus - chose que j'ignorais - le comique est également musicien. Je ne parle pas des petits accords de guitare, mais de son talent de pianiste! Il est extrêmement à l'aise, improvise comme bon lui semble... Son sketch où il parodie les chanteurs de soupe française est à se pisser dessus.
Ah, j'ai déjà envie de le revoir.

samedi 27 décembre 2008

30-2

- Une journée tout à fait ordinaire. Je dirais même banale. La seule différence c'est que le gsm sonne plus que d'habitude. Finalement, si aucune activité particulière est prévue, tu passes pas mal de temps accroché au téléphone, à répondre aux sms, du moins les plus chouettes. Et à vider ta boîte de réception parce que ton 3310 a une mémoire de merlan frit. Pendant ce temps-là, inévitablement, tu passes en revue ceux qui ne te l'ont pas encore souhaité - ceux que tu aimerais qui te le souhaitent. Mais rien de grave hein. Chaque année, il y a des retardataires.
Ce qui tracasse avant tout, c'est que le compteur a changé. Se prendre un an dans la gueule en un jour, ça fait toujours quelque chose. Et puis, je passe du 25+2 au ...30-2. Brrr... Une année paire, en plus! Les impaires, ça va. Mais les paires passent toujours plus mal. Enfin bon. De toute façon j'ai toujours l'impression d'avoir 5 ans de moins que mon âge réel, et il est très probable que je garderai cette impression toute ma vie.

- J'écris ces lignes en écoutant Antony and the Johnsons. Je découvre et je suis conquis. Parfait pour une fin d'année, parfait pour ces jours de grand froid, au ciel dégagé.

- Les (deux) fêtes de Noël de sont très très bien passées. C'était un plaisir de revoir les cousins et les enfants de ceux-ci, de revoir la grand-mère, la doyenne de ma lignée. Chose étrange, cette année: dans la fameuse "petite enveloppe", elle a glissé une photo d'elle - où elle est très bien. Sur un carton, elle y a écrit "Etant la dernière de la génération, je suis heureuse de pouvoir offrir un petit souvenir." Sur le dos de la photo, elle y a écrit sa date de naissance. Un jour viendra où on devra compléter avec la deuxième date. J'espère que ce jour arrivera le plus tard possible, mais cette idée de photo, genre "ça, c'est fait", m'y a fait pensé.
Une pensée aussi pour feu mon oncle Bernard, qui était bien présent ce soir-là. Nous avons tous reçu, de la part de sa veuve qui gère son oeuvre, une de ses toiles. Nous gardons ainsi une trace de lui. Reste à trouver une belle place pour ce très beau nu, joliment encadré.
L'autre "cadeau perso", ce sont les carnets de voyage de mon père, qui retracent tout son chemin effecuté jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle, à coups de plume (et quelle plume!), de crayons et de pinceaux. Un vrai "beau livre" que je me réjouis de lire - attends, il m'est dédicacé en plus! La classe.

Un autre cadeau inattendu, c'est le film Krysar (aka Le Joueur de flûte d'Hamelin), reçu de l'ami foruméen Blissfully, que je remercie infiniment. C'est un film d'animation avec des marionnettes (image par image) tchèque de 1985.
Pour le reste, on reste dans le classique: DVD (le nouveau Gad Elmaleh, le coffre Michael Haneke Collection - très Noël, ça), romans, vêtements et bibine.

- Flûte, encore plein de choses à dire (Australia c'est de la MERDE), mais je dois filer, faut que j'aille boire des bières. La suite demain.

lundi 22 décembre 2008

08 Music

A la fin de l'année, le temps est propice au bilans, aux tops et autres listes inutiles. En attendant le Bilan Cinéma 2008 (officiellement en chantier), voici la liste des dix meilleurs albums qui ont ravi mes oreilles tout au long de l'année. Autant de chaleureuses recommandations.

1. The Seldom Seen Kid (Elbow)



Discover Elbow!


Après trois albums magistraux, le meilleur groupe anglais du moment se surpasse et signe son plus beau chef-d'oeuvre, d'une richesse et d'une beauté qui laisse sans voix. Un pur joyau.
Chansons préférées: Bones of You, Mirrorball, The Loneliness of the Tower Crane Driver, Some Riot, One Day Like This. (etc.)

2. Third (Portishead)



Discover Portishead!


L'attente récompensée: le nouveau Portishead (10 ans après le Roseland NYC Live) est une tuerie, à la fois en continuité et en rupture avec les précédents opus. Sombre et stimulant, cet album parfait fait penser à une BO d'un film de David Lynch.
Chansons préférées: Hunter, The Rip, Deep Water, Machine Gun.

3. Ghost Days (Syd Matters)



Discover Syd Matters!


Troisième album du groupe français qui atteint ici sa pleine maturité. Le génie mélodique se fait plus mélancolique, les arrangements sont plus épurés mais aussi plus subtils. De loin, leur album le plus touchant.
Chansons préférées: Everything Else, Cloudflakes, My and My Horses, Nobody Told Me.

4. When The Haar Rolls In (James Yorkston)

Le
songwriter écossais est au sommet de son talent. Entouré de ses proches (fidèles Athletes ou nouveaux venus), il continue à pondre des perles de folk chaleureuse et profonde. Ce disque est une merveille qui fait chaud au coeur, à tous les coups.
Chansons préférées: Queen of Spain, Temptation, Midnight Feast.

5. Plan Your Escape (Girls in Hawaii)



Discover Girls in Hawaii!


Très attendu, cet excellent album réussit l'exploit d'être encore meilleur que le premier - déjà un bijou. Plus mur, plus surprenant, plus audacieux encore. Libéré, le groupe belge a encore de beaux jours devant lui.
Chansons préférées: This Farm Will End Up In Fire, Fields of Gold, Birthday Call.

6. Viva la Vida or Death and All His Friends (Coldplay)

Suprenant album qui peut déconcerter aux premières écoutes, tant il tranche avec le son habituel du quatuor anglais, qui voulait évoluer à tout prix. Et il finit par séduire, car les diverses explorations (supervisées par Brian Eno) dévoilent petit à petit les richesses émotionnelles d'un disque multiple et audacieux. Hautement revigorant.
Chansons préférées: Yes, Viva La Vida, Lovers in Japan/Reign of Love.

7. Vantage Point (dEUS)



Discover dEUS!


Le nouvel album du groupe belge est très facile d'accès. Nous sommes en terrain connu (dans la stricte lignée du superbe Pocket Revolution); il y fait juste un peu moins sombre. Le rock est carré, efficace, solide. En attendant un nouveau chef-d'oeuvre du calibre d'Ideal Crash, on ne se lassera pas d'écouter celui-ci.
Chansons préférées: Slow, The Architect, Popular Culture.

8. Sexuality (Sébastien Tellier)




Le français barbu explore, comme son nom l'indique, la sexualité et les diverses émotions qu'elle peut engendrer. Les synthés semblent effectivement se faire l'amour. Si on frôle parfois le porno parodique, il y a aussi quelques perles d'électro-pop carrément aphrodisiaque, joyeuse ou douloureuse.
Chansons préférées: Roche, Divine, Sexual Sportswear, L'Amour et la violence.

9. Gossip in the Grain (Ray LaMontagne)



Discover Ray LaMontagne!


Ray est de retour avec ce troisième album plein de soleil. Sans pour autant délaisser ses complaintes folk mélancoliques, le songwriter américain puise davantage dans la country et le blues. Très bel album qui, cela s'entend, a été fait avec amour.
Chansons préférées: You Are the Best Thing, Sarah, Hey Me, Hey Mama.

10. For Emma, forever ago (Bon Iver)


Discover Bon Iver!
Heureuse rencontre avec la voix et la musique, acoustique et minimaliste, de Justin Vernon. Très prometteur.
Chansons préférées: Flume, Skinny Love, Re: Stacks.

2008 fut un excellent cru rayon concerts. Tous furent superbes et mémorables, mais s'il faut faire un classement, ce sera celui-ci:
1. Elbow (Orangerie du Botanique)
Sur scène, la musique d'Elbow transperce les coeurs et hérisse le moindre poil. Et Guy Garvey est la gentillesse incarnée. Gorge nouée, larmes au balcon. C'était simplement exceptionnel. Lire aussi ici.
2. Leonard Cohen (Forest National)
Voir 3h durant une légende de la musique étaler tout son talent et toute sa bouleversante générosité, c'est une expérience marquante. Phénoménal, inoubliable. Lire aussi ici.

3. Eels (Cirque Royal)
Il était numéro 1 des artistes que je voulais voir sur scène, et il n'a pas déçu. Je suis fan à vie de ce génie. Lire aussi ici.
4. Xavier Rudd (Esperanzah!)
Je ne connaissais rien, j'ai tout découvert ce soir là... Enchanté! Epoustouflé, même, par cet homme-orchestre de génie, aussi à l'aise à la guitare qu'au percus et au didjeridoo. World, solaire, généreux, revigorant... Un spectacle qui m'a laissé bouche bée. Total respect. Lire aussi ici.
5. Syd Matters (Orangerie du Botanique)
Sur scène, chacune des chansons est revisitée sous un angle d'attaque nouveau. Les musiciens, prodigieux, exploitent totalement cette liberté scénique pour alterner à leur guise les moments de pop directe avec les moments de psychédélisme imprévisible. Mille bravos.
6. Girls in Hawaii (Cirque Royal)
Les Girls, il faut les avoir vus sur scène. Les titres prennent une ampleur flamboyante. Les ambiances prennent davantage de relief. L'assurance du groupe garantit à tous les coups un show intense. Longue vie à eux. Lire aussi ici.
Les plus chouettes découvertes de 2008:
- Belle & Sebastian, avec trois albums miraculeux (If You're Feeling Sinister, The Boy with the Arab Strap, Fold Your Hands Child). La quitessence de la brit-pop mélodieuse.
- Wilco, avec le double live Kicking Television - Live in Chicago, une pure tuerie. J'espère un jour aimer autant les albums.
- System of a Down, avec l'album Toxicity. Du métal qui reste de la musique. Soin des harmonies & des rythmes + voix géniale = ça marche. J'en suis le premier surpris.
- Cat Power, avec les albums You Are Free et The Greatest. Une voix, une piano, et des chansons qui viennent du coeur et des tripes. Chaleur et frissons.
- Xavier Rudd, même si c'est mieux en live.

vendredi 19 décembre 2008

Raison et sentiments

L’an dernier, James Gray (Américain, 39 ans) nous avait affirmé, avec La Nuit Nous Appartient, qu’il allait faire partie des grands cinéastes de notre temps. Confirmation avec son nouveau film, Two Lovers.
C’est. Absolument. Magnifique.
L'histoire (d’une homme tiraillé entre deux femmes, entre raison et passion) est d’une extrême simplicité, et elle est pour tout dire relativement prévisible dans son déroulement et dans son dénouement. Mais ce qui intéresse Gray ce ne sont pas les intrigues, mais bien les personnages, moteurs et véhicules d’une foule de sentiments et comportements humains, réservoir infini de matériau cinégénique car tellement complexes. Two Lovers traite essentiellement de la complexité du sentiment amoureux, et James Gray semble avoir tout compris. C'est assez incroyable: avec des ressorts dramatiques a priori vus quatre milliards de fois au cinéma, Gray nous offre simplement du jamais vu. C'est écrit avec une telle justesse, une telle intelligence, que le film nous happe en moins de deux. Sans rire: les deux premières secondes du premier plan - mais là je parle de l’esthétique du film, une vraie claque. Car par dessus tout, Gray filme comme un Dieu, avec une élégance inouïe. Une fois de plus, la photo de Joaquin Baca-Asay est une pure splendeur.

James Gray reste également un directeur d'acteurs miraculeux: Joaquin Phoenix est (comme d’habitude) prodigieux, Elias Koteas est l'acteur le plus rare du monde par rapport à son talent, Gwyneth Paltrow est épatante, Vinessa Shaw à suivre (mais tout le cast est au top). Tragédie du destin, drame moderne sur le renoncement et le désamour, Two Lovers est un chef-d’œuvre qui marque profondément et qui hante le spectateur encore longtemps après la projection.
Il y a mille choses à en dire, mais je me limiterai au plus chaleureux des conseils. Ne regardez pas les bandes-annonces qui en disent trop, et allez-y. Courez-y.




James Gray:

mercredi 17 décembre 2008

Un beau sapin

- Trois premiers jours au nouveau boulot. Mes nouveaux petits camarades: que des nanas. Je veux dire, des madames. Sympa, compétentes, pas trop bavardes. L'essentiel de mon activité se résume à la lecture, et à l'assimilation d'un maximum d'informations. Jusqu'ici tout va bien.
Je découvre Windows Vista. Mouais. Le Mac me manque déjà. Je redécouvre les joies du métro, qui se transforme en boîte à sardines entre Mérode et Arts-Loi. Serrons-nous, serrons-nous!

- Mes courses de Noël sont faites. Résultat: un sac en papier Fnac bien chargé. Et bien sûr, la moitié ce sont des petits imprévus cadeaux de moi à moi. Une année j'essaierai d'être original.
Petite transition sur un sympathique projet caritatif initié par l'illustratirce Pénélope Bagieu: Mon Beau Sapin. Cliquez! Et cliquez encore. Les petits zenfants auront des zolis cadeaux. Cliquez ici, ça vaut le coup d'oeil.

- J'ai vu, en DVD, Camille en concert (extrait de sa tournée Music Hole). Quand elle ne fait pas le clown, eh bien... Ca TUE. Elle est accompagnée par un piano seul, ainsi qu'une petite troupe très impressionnante de 9 choristes/danseurs/body-percossionnistes/beat-boxeurs... et même de son chien. Brad Pitt. La générosité et le dévouement de l'artiste, son amour pour la voix et les rythmes du corps, n'étaient plus à prouver. La beauté de ses chansons, par contre, se laisse totalement redécouvrir. Les arrangements, tous inédits, sont riches, surprenants. Les impros beat-box de Sly (du Saïan Supa Crew) laissent sans voix. Le public du Zénith est heureux, amusé, fasciné. Le spectacle, tant visuel que sonore, à l'allure d'une folie sous contrôle. Il est filmé e. a. par Vincent Doom, l'un des piliers fondateurs des "Concerts à emporter", visible sur la Blogothèque. Ce qui est génial avec Camille, c'est qu'elle fait absolument ce qu'elle veut. Rien ni personne ne pourra l'empêcher de faire son truc à elle, sa musique reconnaissable entre mille.




- J'ai lu: Les Dix Petits Nègres d'Agatha Christie. Dix personnes ayant commis un crime qui a échappé à la justice ordinaire sont réunis par un homme-mystère sur une île. Ils sont font assassinés l'un après l'autre, comme dans la comptine pour enfants. L'organisateur diabolique est parmi eux. Il sera révélé dans l'épilogue. C'est plaisant, mais je préfère de loin les intrigues où c'est Hercule Poirot qui mène l'enquête. Avec Peter Ustinov en tête.
- Je lis: Psychologies, le numéro de décembre (ça faisait longtemps). Le dossier parle du merci, des effets bénéfiques de l'expression de la reconnaissance. Un mot qui a fort peu résonné entre les murs de mon ancien bureau.


- Je lis aussi: Jimmy Corrigan, The Smartest Kid On Earth, de F. C. Ware. Un brique de 380 p. (pour une BD, ça n'est pas rien) sur un célibataire qui a un boulot de merde, une mère poule et une vie sociale misérable. Je ne suis qu'au début et c'est très très bon. Après le prologue en enfance, il y a une très belle ellipse:


- Une personne sur cette photo est morte. Sauras-tu la reconnaître?

dimanche 14 décembre 2008

Nobody's perfect

- 2008 aura été une année un peu folle, pleine d’événements, de rebondissements... Des (très) bonnes nouvelles, des (très) mauvaises nouvelles... Une année de crise, aussi. *Sans blague* Pas seulement économique et financière, j'entends. Sentimentale aussi, avec ce nombre insensé de couples qui se séparent autour de moi. Mais j'y reviendrai à la fin de l'année, à l'heure des bilans et résolutions.
Une des meilleures choses qui aura pu m’arriver cette année - car elle n'est pas finie - c’est la fin de mon premier emploi. Cette fin s'est concrétisée vendredi. Et tout ce que ce jour avait de particulier, c'était que c'était le dernier. A midi, point de resto hypocrite avec le patron, mais un bon dürüm kefta piquant devant un épisode de la saison 2 de Californication, avec les copains Did et Ced. Aah lala, je les plains. Sans moi, il vont se farcir le bonhomme à longueur de journée. Lui et sa légendaire organisation, son merveilleux tact, son management imparable. Je leur souhaite bon courage. Je me suis rendu compte aussi que j'ai dû serrer la main de mon boss deux fois en tout et pour tout. Une fois à l'entretien d'enbauche, une fois lors des adieux. Et maintenant... N’en parlons plus.
Demain, un nouveau chapitre commence. Je me sens comme avant une rentrée des classes. A quoi vont ressembler les camarades? Comment est-ce que ça va se passer avec les profs? Vais-je pouvoir assimiler toutes ces infos dont je serai bombardé dès le début? Face à l'inconnu, quelqu'il soit, il y a toujours une petite frayeur. Il s'agira d'être à l'heure.

- Le concert de Noël s'est très bien passé. C'était un vrai bonheur. Quel pied on a pris sur scène! Le public fut apparemment concquis lui aussi. Des Litanies maîtrisées, un Cantique de Jean Racine superbe, un Hallelujah éclatant (surtout en rappel..), un Tebe Poem nickel... Que de frissons. Le Aoum a fait forte impression aussi, et les chants de Noël ont beaucoup plu, particulièrement le Minuit, Chrétiens. Dans cette église pleine, on ressentait tous cette ambiance très chaleureuse, familiale. La communion (entre choristes et la chef; entre les artistes et le public) était forte. Quelques moments absolument magiques resteront certainement parmi mes plus beaux souvenirs avec Carpe Cantorem. L'ambiance de Noël a commencé aujourd'hui.
Notre quattuor de Bach est passé... tout juste. On s'est jeté à l'eau, et on n'a pas failli, malgré quelques passages limite. C'est dommage, nous l'avions déjà mieux réussi en répétition. Le morceau était difficile, et on a dû l'apprendre trop rapidement. Sans compter la feuille qui tremble... Mais c'était un plaisir quand même.

- Tout le monde a sa liste des “grands classiques qu’on a jamais vus”. Quand on se prétend cinéphile, cette liste peut atteindre une longueur effrayante. C'est comme le gruyère: plus il en a, plus il y a de trous. Je me souviens un jour avoir fais une liste des “films à voir un jour dans ma vie”... J’étais arrivé à dans les 400. Mais puisque cette liste me torturait davantage à chaque consultation, je l’ai mise de côté. Fini. Mais si je retombe dessus à l'occasion, je pourrai retirer avec joie Some Like it Hot, de Billy Wilder. C'est à se demander pourquoi j'ai attendu si longtemps pour le voir... "Chef-d'oeuvre": le mot paraît trop pompeux, mais s'avère ici tellement indiscutable... C'est une pure merveille de comédie, jubilatoire et hilarante de bout en bout. Jack Lemmon et Tony Curtis sont phénoménaux, et je cherche encore mes mots pour Marilyn Monroe, dont la sensualité dévastatrice marque à tout jamais. Le mot "sexy" semble avoir été inventé pour elle. J'ai déjà envie de le revoir.
Quelle joie, aussi de savourer le "I wanna be loved by you", et de découvrir le "I'm through with love", que Woody Allen avait repris dans son hommage à la comédie musicale, Everyone says I love you. Je ne résiste pas à la tentation de poster ici la scène où Woody danse avec Goldie Hawn au bord de la Seine, une des scènes les plus magiques jamais tournées.


Et si dans une autre vie je serai chorégraphe, je veux reproduire au cheveu près le Hurray for Captain Spaulding! (ici tirée de la version italienne, la seule trouvable sur YouTube)

mardi 9 décembre 2008

Waiting for Two Lovers

Les bilans de fin d’année débarquent... La campagne aux oscars bat son plein. The Dark Knight est dans la course:


- Dimanche soir, la salle était comble devant Loft, le film qui cartonne en Belgique depuis quelques semaines. Meilleur démarrage belge de 2008, avec 0 salle en Wallonie et 1 salle à Bruxelles. Ah qu’il est bon de voir un bon film belge – et 100% flamand de surcroît! Vraiment, c’est pas mal du tout. Je ne suis pas très friand des petits effets de style bourrins (tant à l’image qu’à la bande son), mais cette esthétique se fait très vite oublier par la maîtrise globale de l’ensemble. On accroche rapidement à cette intrigue.

Cinq potes, hommes mariés et la plupart bons pères de famille, co-louent un luxueux loft où ils emmènent leurs maîtresses à leur guise. Un jour, une fille est retrouvée morte. Qui? Pourquoi? Comment? Le script, assez habile, dose savamment les flashbacks et les (très) nombreux rebondissements de cette sombre affaire. De plus, la brochette d’acteurs s’en sort très bien. Bref, les deux heures passent vite. Une réussite. Vu le succès et la carrière du sympathique De Zaak Alzheimer, le précédent film d’Erik Van Looy, ce Loft devrait connaître la même renommée. Le réalisateur devrait encore avoir de beaux jours devant lui.

-
Plus que quelques films à voir en ce mois de décembre, et je pourrai m’attaquer au Bilan Cinéma 2008. Je me demande si je dois aller voir Rachel Getting Married. Sinon il reste bien sûr une des grosses attentes de l’année: Two Lovers de James Gray, paraît-il sublimissime. Le seul qui puisse encore intégrer mon top. Avant cela, il y a le Australia de Baz Lurhmann, mais les premiers échos sont venus confirmés mes craintes. Pour Largo Winch j’ai peur, mais je suis curieux.
Sinon il reste aussi Yes Man, parce que Jim Carrey me fait poiler (et juste pour cette raison). Le pitch con: un homme qui dit toujours non à tout décide un jour de dire oui à tout. OUI A LA VIE, bien sûr. Je m’interroge sur la VF, qui n’a pas opté pour la traduction du titre – "Yes Man" est facile à prononcer/comprendre pour les non anglophones, mais qui risque d’être bien pourrie. Tous ces “oui” qui ne colleront pas, lippingment parlant, aux “yes”... Beuh.

- J’embraie sur un gros blâme: trop souvent, les titres VF sont de réelles catastrophes. Récurrentes, en plus. Quel manque d'imagination. L’ami Khan, merci à lui, a regroupé les quelques pires exemples, issus aussi bien du ciné que du direct-to-video, du connu et du pas connu: (cette liste est NON-exhaustive)


Le sexe ça fait vendre:
Wild Things = Sex Crimes
Cruel Intentions = Sexe Intentions
Body Shots = Sex Attitude
Tangled = Sex Trouble
Eurotrip = Sextrip
The In Crowd = Sex & Manipulations
The Banger Sisters = Sex Fan des Sixties
Not Another Teen Movie = Sex Academy

Ah tiens, Academy aussi:
School of Rock = Rock Academy
Rebound = Basket Academy
American Pie : The Naked Mile = American Pie : String Academy

Ou encore American:
Bring It On = American Girls
Varsity Blues = American Boys
Van Wilder = American Party

"Piège":
Die Hard = Piège de cristal
Under Siege = Piège en haute mer
Striking Distance = Piège en eaux troubles
Reindeer Games = Piège fatal
Ladder 49 = Piège de feu
K-19 : The Widowmaker = K-19 : le piège des profondeurs

"Enfer":
Fandango = Une bringue d'enfer
Die Hard with a Vengeance = Une journée en enfer
From Dusk Till Dawn = Une nuit en enfer
Con Air = Les Ailes de l'enfer
Joyride = Une virée en enfer
Hard Rain = Pluie d'enfer
Any Given Sunday = L'Enfer du dimanche
Into the blue = Bleu d'enfer
(c’est pour les plus récents, car le mot "enfer" est utilisé à tout va dans les titres français depuis les années 50)

Coup de foudre”:
Fools Rush In = Coup de foudre et conséquences
Notting Hill = Coup de foudre à Notting Hill
Bride & Prejudice = Coup de foudre à Bollywood
Maid in Manhattan = Coup de foudre à Manhattan
Dan in Real Life = Coup de foudre à Rhode Island

Petits patatipatata entre amis”:
Shallow Grave = Petits meurtres entre amis
Triggermen = Petites arnaques entre amis
Nine Lives = Petits massacres entre amis
The Groomsmen = Petit mariage entre amis
She's the One : Petits mensonges entre frères

Malgré lui” (attention consternation)
The Handy Man = Architecte malgré lui (1923, ça commence tôt!)
The Great McGinty = Gouverneur malgré lui
Jumping Jacks = Parachutiste malgré lui
The Tunnel of Love = Père malgré lui
Road to Hong Kong = Astronautes malgré eux
Support Your Local Gunfighter = Tueur malgré lui
Critical Condition = Toubib malgré lui
Hero = Héros malgré lui It Could Happen to You = Milliardaire malgré lui
Dear God = Escroc malgré lui
Hoods = Parrain malgré lui
The Princess Diaries = Princesse malgré elle
Deuce Bigalow : European Gigolo = Gigolo malgré lui
Mean Girls = Lolita malgré moi
The Ant Bully = Lucas, fourmi malgré lui
Step Brothers = Frangins malgré eux

ETC.


lundi 8 décembre 2008

Ces mélodies

- Vendredi soir, joyeuse fête chez les triplettes du Triplex. Pantoufles, chaussettes rouges et mandarines de circonstance. Je n’avais pas le moral, ça m’a fait du bien. Enfin je crois. Beaucoup de monde, beaucoup à boire, beaucoup de sautillements de filles qui s’aiment pour la vie. Viva La Vida de Coldplay est au moins passé trois fois. Les flics ont débarqué à 4h.

- Pas de grasse mat' le lendemain, car j’avais rendez-vous avec mon ami Léon. J’ai dû perdre 500 g de cheveux – genre. Cette fois il m’a raconté l’histoire dingue de son frère aîné qui a fait fortune en jouant (casino, poker, paris..) et qui vit maintenant de ses rentes en Thaïlande. Léon lui, ça fait 50 ans (!) qu’il coupe des cheveux, et il est très heureux comme ça.

- La Mélodie du Bonheur, le spectacle familial idéal de fin d’année. Un 6 décembre, l’après-midi, les enfants étaient nombreux: “Je dois faire pipiiii”, “Qu’est-ce qu’elle a dit?”, “Il va le tuer?” ou autre “Maintenant ça suffit tu te calmes” chuchoté avec fermeté. L’ambiance était donc chaleureuse, et le spectacle vraiment bien. Il faut dire que cette comédie musicale possède un pouvoir d'ensorcellement sur moi, donc je ne pouvais que aimer. Mais la production de l’asbl Idée Fixe est une incontestable réussite. J'ai eu la banane et ma dose de frissons. La scénographie, malgré l'espace scénique restreint de l'amphithéâtre du Dolce, offrait de très belles idées de mise en scène (le livre ouvert et la projection des aquarelles, le ralenti lors du bal, la photo lors du mariage...). L’accompagnement instrumental était tout à fait charmant (piano, clarinette, violon et violoncelle), et le casting irréprochable, pour ne pas dire irrésistible. Ce fut un réel bonheur d’enfin voir et entendre chanter Albane Carrère, soeur de mon amie Olivia. Deux artistes à suivre!

- Et puis la grande soirée en l’honneur (et au profit) de l’asbl Hydrojeunes, qui fut un grand succès. 250 personnes à table! Excellente organisation, ambiance de feu... Le quizz était assez excitant. “Qui est le leader du championnat de volleyball?” “Quelle est la durée de vie d’un dauphin?” “La période de gestation est-elle plus longue chez la girafe ou chez la baleine?” Euh.... Par contre j’étais au taquet lors les blindtest musique et des photos people. Et les quizz, ça instruit: j’ai appris qui chantait “MAARIA HI, MAARIA HOU, MAARIA HO, MAARIA HA-HA”
Bravo et tout grand merci à eux pour cette toute bonne soirée, et longue vie à l’association!

- Certains goûts doivent être héréditaires. Si j’aime énormément Maxime Le Forestier, c’est grâce à mon père, grand fan de l’auteur-compositeur-interprète depuis ses débuts dans les années ‘70. J’aime sa simplicité, sa sincérité, sa voix chaleureuse, ses belles mélodies et ses textes inspirés. Depuis 35 ans, le bonhomme a pondu une bonne fournée de petites chefs-d’oeuvre, comme San Francisco (aaah le tube de mes taps à la Meute Saint Vincent), Ambalaba, Né Quelque Part, Comme un arbre, Mon Frère, L’Echo des Etoiles, Fontenay-aux-Roses, Février de cette année-là, La Rouille, et j’en passe...
Maxime restera aussi comme un des meilleurs interprètes de Brassens, son idole, dont il a enregistré l’intégrale.

Il sera en concert samedi prochain au Cirque Royal pour défendre son nouvel album, Restons Amants. Vu le prix des places (min. 35 €) et l’agenda déjà pris (pendaison du Ced), ce sera pour une autre fois.

- Ah tiens, à propos de Brassens, j’ai appris que le mot le plus récurrent dans ses chansons était le mot Dieu. Utilisé 140 fois.

vendredi 5 décembre 2008

Hyperballad


- Joel et Ethan sont en forme. Après le somptueux No Country For Old Men, sorti en février, les frères Coen confirment leur good vibe avec Burn After Reading, comédie déjantée qui débarque maintenant dans les salles. Et c’est une toute bonne surprise. J’avais peur du retour à la période des comédies pauvres et décevantes (Ladykillers/Intolerable Cruelty), mais il n’en est rien. L’intrigue confronte des gens idiots avec d’autres moins idiots, mais comme le dit l’excellent tagline, "Intelligence is relative". Comme souvent chez les Coen, tout part en sucette, et l’issue de chacun est incertaine jusqu’au dernier moment – le récit offre son lot de rebondissements. Cette mécanique de farce, très huilée et bien rythmée, devient vite irrésistible... Il y a une foule de moments proprement jubilatoires, et je trouve la fin simplement géniale. J’adore ce côté “un jour, sur terre, à cet endroit-là..” Et bon bref, je me suis bidonné du début à la fin. Cette histoire de dingues, ces dialogues exquis (personnellement je trouve que les Coen font partie des meilleurs dialoguistes d’aujourd’hui), et ce casting on fire... Ah quel bonheur de revoir Frances McDormand! Mentions spéciales à Brad Pitt et John Malkovich, franchement hilarants. Certes, il y a un côté “film de potes, on se marre bien”, mais la potacherie de l’ensemble est également teintée d’une douleur, d’une cruauté... Le regard des Coen n'est jamais totalement creux. On ne le classera certainement pas au rayon de leurs chefs-d'œuvre, mais ce Burn After Reading est un tout bon cru. C’est cool. Je suis content.



- Concert de Machine Arrière, toujours aussi impressionnant. Ce petit group est composé de deux “flûtistes à bec” (Eliz et Grégory) et d’une accordéoniste (Marie). Leur répertoire brasse toutes les époques et tous les horizons. Purcell qui croise John Zorn, qui croise un traditionnel roumain, qui croise un traditionnel flamand, qui croise une danse russe. Chaque morceau est arrangé pour flûtes et accordéon, par les musiciens eux-mêmes. On reste à la fois littéralement bouche bée devant la qualité de l’interprétation (bon Dieu quelle maîtrise!), et enchanté par la magie de cette musique hautement originale. Longue vie à eux. Quelques extraits sont à écouter sur leur site. C’est dingue tout ce qu’on peut faire avec une flûte à bec.


- Frédérick est un sacré gros morceau. Il faut que ça avance, à tous les niveaux. J’espère que les autres bossent leur texte. J’ai eu mon premier coaching personnel sur mon personnage. Alec Guinness disait: “Je comprends un personnage quand je saisis la façon dont il marche.” C’est très vrai. Trouver la démarche, le déplacement, la posture, le rythme du corps, c’est essentiel pour donner vie à un personnage, lui donner une épaisseur, au sens strict du terme. Le mien, Cussonnet (“La vie est cruelle”, répondra Harel lors des présentations), commence donc à prendre forme. C’est amusant. Le texte en tête, il reste maintenant à se le mettre dans la voix. Et d'enchaîner les répétitions. To be continued...

mardi 2 décembre 2008

D'ocre jaune et de roux (1)

Quelques clichés du Maroc. Photos de Ch.
Cliquez pour agrandir.



A Casablanca, la Mosquée Hassan II.
Troisième plus grande mosquée du monde, inaugurée en 1993. Hauteur du minaret: 200m. Capacité de l'intérieur: 25.000 personnes.


Le toit est amovible.


Fès. A l'intérieur d'une Medersa.


Souk des tanneurs de cuir, à Fès.
La pire odeur jamais inhalée par mes narines. Abominable.


Dans la Kasbah de Rabat.


Rabat: joie.


La Tour Hassan à Rabat.


Sur la place Jamaa El Fna.


En N/B. *creepy*


Un souk à Marrakech.


Au loin, le col à franchir...


Ascension.


Sommet. 3200 et des poussières.


Une vue du Haut Atlas, surnommé le "Petit Tibet".

La suite au prochain épisode.

lundi 1 décembre 2008

Sortez couverts

- 1er décembre, le jour du ruban rouge. La maladie est toujours incurable. Je repense à notre ami Arno, qui disait dans un spot de sensibilisation: (à lire avec l’accent ostendo-bourré) “Si tu veux baiser avec ta femme, tu dois mettre un plastique sur ton tiche.”

- Aujourd’hui c’est aussi l’anniversaire de Woody Allen. 73 balais. Ca fait drôle de se dire qu’un jour il n’y aura plus de nouveau film de Woody. Ni de Clint (78 ans).
Argh, il me faut absolument Everyone Says I love you et Match Point en DVD, mais l’édition DVD de la filmo de Woody Allen est un vrai désastre. A la Fnac, ils doivent avoir une dizaine de titres. Les raretés ont hors de prix, les nouveautés dans des éditions sinistres. Le reste est trouvable sur Amazon mais là encore il faut casquer... pour une édition pas terrible.
A la Fnac, la veille du premier dimanche de l’Avent, c’était déjà la cohue. Mon appareil photo n’était toujours pas revenu. Je me suis consolé avec quelques bons films pas chers.

- Deux films moyens, mercredi:
L’ennemi public numéro 1: Bizarrement, ce deuxième volet sur la vie de Jacques Mesrine m’a moins plu que le premier. Problème majeur: non seulement les “défauts” du premier sont toujours là, mais il n’apporte rien de plus... Je me dis qu’au lieu de deux films, une grande fresque de 3h aurait pu être plus marquante – mais on ne le saura jamais. Vincent Cassel est énorme (César en vue), mais les rôles secondaires ne sont que pantins. Gourmet, Sagnier et Lanvin sont à la limite du ridicule, Amalric (auquel je suis vendu) est réduit à une caricature de lui-même, et SAMUEL LE BIHAN EST LE PIRE ACTEUR FRANCAIS DEPUIS 20 ANS. *cri de haine qui devait sortir – merci* Il y a quelques bons moments, mais j’ai attendu que ça se termine... Et c’est ballot, la fin tant attendue est un pétard mouillé. Bref, déception, mais le diptyque reste relativement intéressant et franchement regardable.
Body of Lies: J'y suis allé parce que “Ridley Scott” (t'as quand même une chance sur deux que ce soit excellent) et parce que “Leonardo DiCaprio”, acteur que j'adore et dont la carrière m'intéresse. Malheureusement, ni l'un ni l'autre ne m'ont particulièrement impressionné. Et j’ai trouvé le film très quelconque, pas passionnant pour un sou. Jamais mon cœur n’a palpité, jamais je n’ai écarquillé les yeux devant telle ou telle scène ou morceau de bravoure. Nothing. Ça se laisse regarder jusqu’au bout, mais on lutte contre l’ennui, avec le peu qu’on réussit à trouver: quelques jolies lumières; les regards et la voix de Mark Strong; ou encore quelques questions existentielles du genre “Mais pourquoi Russell Crowe a-t-il pris 30 kilos pour un rôle aussi banal?”.

- Ce n'est pas aussi triste que Francis Véber qui, faute d'inspiration, remake ses propres films (L'Emmerdeur avec Patrick Timsit et Richard Berry, bientôt sur nos écrans) mais comparer les derniers films d'Etienne Chatiliez avec ses premiers (Tatie Danielle, La Vie est un long fleuve tranquille, Le Bonheur est dans le pré), ça fait un peu mal. Je ne l'ai pas vu hein, donc point de jugement hâtif, mais son nouveau film sort cette semaine. Valérie Lemercier joue Agathe Cléry, une raciste qui par magie (le Rayon Noir de Champignac?) se retrouve dans la peau d'une noire. Ou plus précisément (à en croire le maquillage catastrophique), elle a du cirage sur la gueule.
Bref, hier soir, j'ai comaté devant Tanguy. J'avais oublié à quel point c'était nase. On ne croît pas une seule seconde à ce personnage. C'est pas très drôle, c'est bancal. Seul mon pote André Dussollier, en pleine forme, arrive a arracher in extremis quelques éclats de rire. ON-VEUT-QUE-TU-DE-GAGES!

- Dégager. Plus que 2 semaines et je quitte mon premier employeur. 10 jours ouvrables. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac.
Aujourd’hui, cette boîte me paraît plus moribonde que jamais. En fait je pourrais déblatérer inlassablement tout ce que je pense de mon supérieur et de sa manière de communiquer et de travailler, mais je ne veux pas saloper mon blog avec ça. Non, vraiment, n’y pensons plus.
Petite nouvelle quand même: le patron, en fin stratège, au lieu d'engager des gens pour rebooster sa boîte, il en vire. Il a remercié le rayon de soleil de la boîte, K. la gentille graphiste. Pas sûr qu’elle lui dira merci en retour, mais je me dis en même temps que c’était la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Liberté!! Quoiqu’il en soit, la décrépitude de la boîte continue. C’est amusant, je suis justement en train de lire Dix Petits Nègres d’Agatha Christie. En janvier, nous étions 8. Dans deux semaines, sans compter le préavis de K., ils seront... 3 et demi. Je dis demi, car N. est physiquement présent mais ne fait plus rien. Leurs avocats sont en guerre. *Mais celaaaaa ne nouuuuus regarde pas.*

- Je vais battre mon record de temps sans aller chez le coiffeur: 21 semaines, donc presque 5 mois. Il y ceux qui disent “Dis, tu dois pas aller chez le coiffeur” toi? Dans une semaine, il y aura les “Ah j’aimais bien avant..” Classique.

- Sur cette info palpitante, je vous laisse avec une petite vidéo journéemondialiste. C’est con mais c’est bon.


mardi 25 novembre 2008

Snowflakes

- Un retour de vacances, pour un Belge, au mois de novembre de surcroît *oh il NEIGE*, c’est toujours une rude transition. Tellement rude, qu’on évoque aisément un “retour à la réalité” (comme s’il on l’avait quittée!), ou pire, la cruelle métaphore de la “parenthèse fermée”, comme si tout bonheur vacancier se faisait systématiquement entre parenthèses. Mon séjour au Maroc fut un réel bonheur, sans guillemets, sans parenthèses. Je n’ai pas la plume pour rendre justice au pouvoir enchanteur de ce merveilleux pays, qui met les sens en éveil à chaque instant. Je me contenterai donc, vous en conviendrez, de quelques souvenirs en vrac – mais avant cela, j’attends les photos de mes compagnons de route, pour illustrer tout ça. Un ch’ti peu de patience...

- De la patience. C’est avant toute chose ce qu’il me faudra pour terminer mon préavis. Le courage, je garde ça pour les choses importantes. Allez, plus que trois semaines.

- Dans trois semaines, c’est notre concert de Noël. La fabrique d’église nous a lâchés in extremis – les salauds – mais on a une bonne piste pour trouver une nouvelle église. Le programme est très joli, ça va être superbe. Entre les deux parties du concert, en guise d’interlude, je vais réaliser un fantasme que je traîne depuis quelques années: interpréter le Es ist genug de la Cantate n° 60 de JS Bach, dans la version épurée (4 personnes, 1 par voix) des Swingle Singers. Merci d’avance à Clairette, Antoine et Mano.

- La foule de répétitions déjà fixées, les dates de représentations (Frédérick x 3, Carmina Burana x 2), les mariages... Je dois absolument m’acheter un agenda 2009. Le week-end du 21-22 mars sera déjà tout rempli. D’événements, de stress et d’adrénaline. Ca m’étonnerait que d’ici là le clonage soit au point.

- Ah tiens, j'ai lu des livres:
Expiation de Ian McEwan, lu pour cause d'amour de son adaptation réalisée par Joe Wright (Atonement, sorti début 2008). Et j'ai a-do-ré. Dieu que c'est bien écrit... Typiquement le genre de romans que j'aime, que j'admire. J'ai également pu constaté à quel point le scénario de Christopher Hampton est réussi, brillant. Adaptation parfaite.
Parlez-moi d'amour, un recueil de nouvelles de
Raymond Carver. Avec une écriture minimaliste, Carver dépeint des personnages perdus, désabusés, essoufflés dans leur quête d'amour et de bonheur. C'est assez déprimant. Certaines sont assez marquantes. Héhé, il y a celle dont a été adapté le très bon Jindabyne.

- Comme tout “grand classique” ou “film culte”, The Big Lebowski est un film inusable. C’est un film unique. Une des plus grandes comédies des années 90, si pas de tous les temps. Le Dude est le personnage le plus cool de l'Histoire du cinéma. Les Coen renouent avec la comédie déjantée avec Burn After Reading, qui sort bientôt en salles. Hâte de voir ça.
Un petit montage: