vendredi 25 juin 2010

Super content


- Pixar, vers l'infini et au-delà ! Toy Story 3 **** a débarqué dans les salles. Dans la parfaite continuité des deux premiers, ce troisième opus forme non seulement la conclusion idéale d'une trilogie inoubliable, mais s’impose aussi comme un modèle de "numéro 3". Tous les superlatifs que vous lisez/lirez ou entend(r)ez sont fondés. Lisez l’avis détaillé sur Blog à part. Mais surtout, allez-y ! Moi j’ai déjà envie de le revoir…


- Ce fut une bien belle soirée, mercredi. Que l’Angleterre se qualifie, on est toujours content pour eux (mais ils n’iront pas plus loin s’ils ne jouent pas mieux). Que Toy Story 3 soit un grand film, ça fait plaisir, évidemment. C’était prévu. Entre les deux, le coup de fil tant attendu est arrivé… Les nouvelles étaient bonnes. Boing, boing boing, j’ai bondi de joie. Après bientôt quatre mois sans emploi, ça fait du bien. Mettre par la même occasion un pied "dedans" (je veux dire : ce que j’aime), ça fait plaisir. Je suis chaud patate, motivé à bloc, à fond les ballons. Avant cela, encore une dizaine de jours de vraies vacances. Ils seront bien remplis : des fêtes et du foot bien sûr, mais aussi quelques tâches à effectuer (terminer ce déménagement, remplir cette déclaration, préparer cette messe de mariage…).


- J’ai lu : Vivre Content, de Jean-Louis Servan-Schreiber.
Le fondateur, entre autres, de Psychologies Magazine signe une réflexion très intéressante sur le bonheur et le bien être, à mille lieues des clichés guimauves que l’on pourrait avoir sur ce genre de bouquin. Le bonheur paraît-il trop absolu, trop inatteignable? Vivons content ! L’auteur propose 25 pistes de réflexions pour trouver dans notre vie toutes les sources possibles de contentement. Quelques exemples de thèmes abordés :
- Le réel :
l’apprentissage de la soumission féconde
-
Le corps :
le meilleur de nos placements
-
L’action :
simplifier son rapport au monde
-
La responsabilité :
assumer sans se condamner
-
Le plaisir :
choisir et se rendre disponible
-
L’acceptation :
se réconcilier avec la banalité
-
Le temps :
faire de mon maître un ami
-
La mémoire :
notre passé est imaginaire.
Dans chaque chapitre, Jean-Louis Servan Schreiber propose, à partir de son ressenti et son vécu personnels, une approche tournée vers le positif, quelques clés pour mieux apprécier son quotidien. Les sources de contentement sont partout : à nous de les débusquer et de les utiliser pour mieux vivre sa vie, dans le présent. Avec des mots simples et clairs (c’est très finement écrit), Servan-Schreiber donne une petite leçon de vie accessible à tous. Une vraie bouffée d’air frais !

mercredi 23 juin 2010

Wunderlich

- Hier soir, un récital de chant et piano chez Gaetane et Jean-Claude. Comme souvent chez ces deux mélomanes, c’était magnifique. Au piano, la japonaise Maiko Inoue, brillante. Au chant, la soprano coréenne Ju-Hee Park, qui a su démontrer une grande expressivité, une profonde sensibilité. A deux, elles ont séduit le public avec un répertoire très varié. Au piano seul, la Nocturne n° 27 de Chopin et l’allegro de concert de Granados ont fait leur petit effet. Au chant, j’ai particulièrement apprécié les deux airs de Mozart (dont celui de la Comtesse dans Les Noces de Figaro), un air déchirant de Manon Lescaut de Puccini, un Air des Bijoux de Gounod en bis. La Bonne Cuisine, quatre recettes mises en musique par Leonard Bernstein, était à deux doigts de provoquer l’hilarité. Un exploit de diction et de prononciation, en tout cas ! Autre coup de cœur, le Ständchen de Schubert. Schubert mon chouchou, Schubert qui m’émeut à tous les coups. En cherchant une version sur YouTube, je suis tombé sur cette version de Fritz Wunderlich (le meilleur nom de monde !), le regretté ténor à la voix sortie d’un livre de contes et légendes. Bon, la vidéo c’est un diaporama tout nase, mais écoutez-moi ça :



- De tous les plaisirs que peut apporter la musique, il en est un que j’ai la chance de découvrir : la direction. Samedi en huit, je remplacerai Catherine pour diriger Carpe Cantorem, le temps d’un mariage. Sans compter mes petits coups de main lors d’une ou deux chorales d’amis et une direction gérée guitare à la main, ce sera ma première vraie direction. L’exercice est très excitant. Un chœur n’est rien sans son chef, la musique n’est rien sans direction. Le savoir, c’est bien. L’expérimenter une baguette à la main, c’est s’en rendre compte concrètement! Donner le bon tempo et les bons départs, gérer les différentes nuances, être expressif à chaque instant, faire passer toutes les intentions musicales… Faire tout cela en même temps demande une grande concentration (et une bonne préparation). J’essaierai de penser à Bernstein, tiens. Débriefing dans une dizaine de jours !



- La misérable débâcle des Bleus est pitoyable, au sens premier du terme : j’ai fini par avoir pitié d’eux. Leur qualification usurpée ne leur a décidément pas porté chance. Bien que Domenech doive avoir sa grande part de responsabilité (son refus de serrer la main au sélectionneur de l’Afrique du Sud à l’issue du match – duquel ils sont sortis tous deux éliminés – est certainement révélateur de la mentalité du bonhomme), il est difficile de savoir ce qui a bien pu se passer dans l’Equipe de France pour atteindre un tel niveau de médiocrité. Si l’avalanche de critiques est quelque part justifiée, j’ai été plus gêné par la surmédiatisation des soi-disant « affaires » des Bleus, avant et pendant le Mundial. Le sensationnalisme de certains journalistes fait peine à voir. La fameuse "une" du journal l’Equipe, consternante, est un sommet de bêtise journalistique. Sans oublier la déclaration pour le moins gonflée de Sarkozy, mal placé pour donner des leçons à ce niveau-là. Pour se convaincre du mauvais management et de l’ambiance pourrie au sein des Bleus, il suffisait de regarder leur façon de jouer, indigne d’une équipe de ce niveau. Je comprends les ricanements des Belges - les Français n’ont en vérité que ce qu’ils méritent (une élimination logique, une sortie par la toute petite porte) - mais je trouve ça triste à voir une équipe tomber aussi bas. Courage à Laurent Blanc : remonter la pente sera difficile. Mais d’abord, place au lavage de linge sale et autres minables chamailleries médiatiques. Comme promis.



- Merci en tout cas à rtbf.be/sport d’avoir pensé à ceux qui n’ont pas la télé ! Cette Coupe du monde commence à être très excitante et pleine de surprises. Les européens peinent à convaincre (Jusqu’où iront les Pays-Bas ? Et l’Angleterre, décevante jusqu’ici ?), les sud-américains brillent (Argentins, Uruguayens et Mexicains sont déjà en huitième…). La suite, vivement !


- Chercher du travail, c’est aussi savoir attendre que le téléphone sonne.


- Ce soir, je retrouve Woody, Buzz et toute la bande. Je palpite déjà.

jeudi 17 juin 2010

Rouillez jeunesse

- Certains goûts doivent être héréditaires. Mon admiration pour Maxime Le Forestier, je la dois à mon père. Le 33 tours de Né quelque part et la cassette de Passer ma route ont tourné en boucle, les dimanches matin à la maison ou sur la route des vacances. Chaque nouvel album, ou presque, faisait (et fait toujours) office de parfait cadeau pour la fête des pères. Quant aux "vieilles", je les ai rôdées sur ma six cordes, autour du feu de camp ou pour endormir les loups.

Le coffret des 100 plus belles chansons, récemment acheté, me permet de découvrir encore d’autres perles, issues de tous ses albums. Et je m’en délecte. (Bon, j'ai du mal avec les synthétiseurs d'After Shave, j'avoue...)

Maxime Le Forestier a toujours été un artiste extrêmement attachant. Ecouter Maxime se fait sans effort, de manière naturelle, comme on accueille un ami. La richesse des mélodies, la beauté des textes, la couleur des mots, la chaleur de la voix… Ses chansons, inépuisables, sont tour à tour mélancoliques, engagées, espiègles, tendres, nostalgiques. Toujours aiguisées par un vrai sens de l’observation. Quand on connaît Maxime, on comprend sans peine l’admiration sans borne qu’il voue à son maître, Georges Brassens. L’enregistrement public de l’intégrale (!) de Tonton Georges est une vraie réussite. Reprendre Brassens n’est pas chose aisée : avec Maxime, ça coule de source.
Les enregistrements publics de Le Forestier sont d’ailleurs toujours remarquables. Son plus beau, sans conteste, reste son concert Plutôt Guitare. Maxime parcourt l’ensemble de sa carrière avec pour seuls instruments, des guitares. La sienne, et celles de Jean-Félix Lalanne, Manu Galvin, Michel Haumont.
Un extrait ici :



- Je suis un de ceux qui suivent la Coupe du Monde sans télé. Les résumés, les buts et tout le tralala, c’est sur le site (extrêmement complet) de la FIFA. Les matches, c’est dans les caftards avec des potes. Ce n’est pas plus mal. Je ne m’attarderai pas sur les vuvuzelas, ces satanées trompettes qui nous les cassent (les oreilles et tout le reste)… Je plains surtout les joueurs. « Pas question d’interdire le vuvuzela, dit la FIFA. Il est le symbole de cette Coupe du Monde. » C’est bien ça le problème, non ? Question foot, les échos sont globalement mitigés. Sans doute que le meilleur reste encore à venir.


- Le Basset, c’est fini. La dernière bamboule, c’était samedi dernier. Promesse tenue : ils ont mis le paquet. Ce qui est génial, c’est qu’à tous les coups, les GO (menés par Max, le seul, l’unique) dépassent les attentes, quelque soit le thème choisi. Cette fois-ci, décors, déguisements et musique (live) illustraient le thème du "Garage africain". Le genre de soirée pleine de monde, de bruit, de grand n’importe quoi, où tout le monde régresse au stade de son adolescence décervelée. C’est ça qui était bon au Basset. Retrouver le parfum de ces années. Dormir trois heures avant de se lever pour remplir son devoir d’assesseur (et finalement ne pas être retenu), c’est assez sportif. C’est qu’on n’a plus 20 ans, nous autres ! Je revois les photos des soirées précédentes (soirée Martiens, soirée Gothique, soirée Cuba, soirée Pollution…) et je me dis qu’une belle page se tourne.



- J’ai lu : L’Echappée Belle *, d’Anna Gavalda.
Un roman court (une nouvelle, en fait) sur quatre frères et sœurs, la trentaine, qui se font une petite cure de nostalgie de leur enfance perdue. Un bonbon sucré, parfois drôle, vaguement amer, toujours léger, aussitôt lu aussitôt digéré.

vendredi 11 juin 2010

At the movies

OK les petits amis, on va parler cinoche. Plus que 12 fois dormir avant Toy Story 3.

En salles:

Greenberg **

Le réalisateur Noah Baumbach est un ami de Wes Anderson, avec lequel il a d’ailleurs co-écrit le merveilleux Fantastic Mr Fox. Son premier long, The Squid and the Whale (Les Berkman se séparent en VF *bravo les gars*), un bijou de drame familial sur deux ados qui vivent mal le divorce de leur parents, avait fait forte impression. Son deuxième, Margot at the Wedding, m’avait échappé, faute d’une misérable distribution de quelques semaines à peine. Ce Greenberg, avec Ben Stiller en tête d’affiche, passe cette fois à l’UGC. J’ai eu une pensée pour cette bande d’étudiants sortis d’examens espérant une bonne tranche de rire à la Meet the Parents, Tropic Thunder ou autre potacherie qui a propulsé Stiller au premier rang de la comédie US. Tout autre registre ici. Greenberg est l’exemple type de la comédie indé douce-amère, comico-dépressive, BO hype de circonstance. Le pitch ?
Los Angeles. En attendant mieux, Florence Marr, qui rêve de devenir chanteuse, travaille chez les Greenberg comme assistante personnelle (petites courses, gardes d’enfants, promenades de chien). Lorsque Philip Greenberg emmène sa femme et ses enfants en voyage au Viêt-Nam, Florence a soudain plus de temps pour elle. Ce qui ne l’empêche pas de venir s’occuper du chien de la famille (Mahler) et de passer voir, par la même occasion, Roger, quadragénaire en visite chez son frère Philip. Tout aussi paumé que Florence, Roger a passé plusieurs années à New York où ses projets n’ont pas abouti. Sorti de dépression, il revendique désormais sa volonté de ne "rien faire"… Touchée par sa fragilité, Florence se rapproche peu à peu de cet homme énervé par tout et qui a bien du mal à renouer contact avec ses anciens amis. Se noue alors entre eux une relation improbable… (source : allocine.fr)
Cette relation entre Greenberg et Florence (Greta Gerwig, une révélation) constitue en somme le seul véritable intérêt du film. L’attirance entre ces deux personnages, à la fois si proches et si différents, est faite de méfiance et de cruauté, de tendresse et de respect. Aucune mièvrerie, beaucoup de justesse. Construire un film autour d’un anti-héros antipathique ne doit pas être une mince affaire. Noah Baumbach n'y arrive pas entièrement. Le plus dur n’est pas de s’intéresser à l’intrigue (un petit peu maigrelette), mais de s’attacher au personnage de Stiller. Ce qui amuse au début finit par agacer, et l’on n’éprouve plus aucune affection pour lui. Malgré les quelques beaux moments (qu’ils touchent à la pure drôlerie ou au profond malaise existentiel), on finit donc par s’ennuyer poliment.



Vu à la CINEMATEK :

Brève Rencontre **** (David Lean, 1945)

Revoir ce chef-d’œuvre sur grand écran, dans une copie restaurée, fut un vrai bonheur. Voilà un vrai classique du cinéma britannique, à voir et à revoir. J’ai fait, sur
Blog à part, une analyse plus détaillée.


Derniers DVD-sur-canapé :

Naked **** (Mike Leigh, 1993)

Grâce à ses récompenses cannoises (mise en scène et interprétation masculine), Naked a valu à Mike Leigh une reconnaissance critique et publique qui ne s’est plus démentie depuis. Trois ans plus tard, il empochait la Palme d’Or avec Secrets and Lies.
Naked retrace l’errance de Johnny, un vagabond perdu, constamment en fuite, à la recherche d’un toit, à la recherche de lui-même, du sens de la vie. Au fil de ses diverses rencontres nocturnes (un junkie déboussolé, un vigile humaniste, une prostituée en déclin, un colleur d’affiches agressif), Johnny fera part de ses réflexions métaphysiques, philosophiques, terriblement sarcastiques… Parallèlement, on y suit l’escapade de Jeremy, un psychopathe obsédé de sexe extrême. Les deux hommes finiront par se rencontrer chez Sophie et Louise, qui partagent une misérable colocation dans une banlieue de Londres.
Naked, vraie claque, prend aux tripes dès les premiers instants et ne lâche plus le spectateur jusqu’au (sublime) dernier plan. La réussite, magnifique, tient autant à l’écriture qu’à la direction de Mike Leigh, mais avant tout à la performance incroyable de David Thewlis. Il est extraordinaire. Si depuis lors il n’a pas perdu son talent (le Professeur Lupin dans Harry Potter, c’est lui), il n’a plus jamais retrouvé un si beau rôle. Ne fut-ce que pour lui, Naked est un film à voir absolument.

The Wicker Man *** (Robin Hardy, 1973)

Sur une île isolée d'Ecose, un flic mène l'enquête sur la disparition d'une fillette. Catholique convaincu, il découvre alors une communauté étrange, adepte de rites ancestraux qui ont tout pour l’inquiéter. Seul contre tous, il avance dans son enquête mais ne se doute aucunement du piège qui se referme petit à petit sur lui…
Narrativement, le piquant de cette banale intrigue policière se trouve principalement dans cette confrontation entre deux croyances totalement opposées. Le coup de théâtre final, sans être surprenant, témoigne toutefois d’un réel soin porté à l’écriture. Mais le véritable intérêt de ce Wicker Man, c’est l’atmosphère typique de ces films "d’horreur" des années 70. Si on frôle parfois le ringard, certaines scènes valent leur pesant d’étrangeté bizarroïde. Aujourd’hui, ce film culte des seventies ressemble à un improbable mix entre film d'art et essai, film fantastique, comédie érotico-musicale et série Z. Chistopher Lee, qui a participé gratuitement au film, a toujours dit que c’était son rôle préféré. Son interprétation du Lord Summerisle n’est effectivement pas piquée des hannetons.

Il Divo ** (Paolo Sorrentino, 2008)

Evocation de Giulio Andreotti, célèbre homme politique italien qui fut élu sept fois Président du Conseil des ministres.
Il Divo
est un film très étonnant. Moi qui m'attendais à un Gomorra centré sur un personnage politique ! Rien de tout cela. Il Divo, c'est une espèce d'exercice de style par lequel le réalisateur, en mélangeant faits réels et imaginaires, apporte une vision fantasmée d'Andreotti. Le film est extrêmement stylisé, sans doute un peu trop, mais l'exercice s’avère assez plaisant. Le revers de la médaille, c’est que la narration en pâtit. On perd vite le fil des différentes intrigues politico-mafieuses. Les seules choses que l’on apprend dans ce salmigondis narratif, ce sont les cartons à lire pendant les génériques de début et de fin… Malgré tout, Il Divo reste un plaisir : Toni Servillo est parfait, les dialogues sont succulents. Le parti-pris esthétique (un traitement sexy pour un sujet qui est loin de l’être) peut être rebutant, mais je l'ai trouvé osé et, pour tout dire, assez emballant. Imparfait donc, mais sympathique.

Pour finir, deux films fort différents mais qui ont pour contexte la montée du nazisme en Allemagne (début des années 30) - et qui ont tous deux Helmut Griem au générique.

Les Damnés ** (Luchino Visconti, 1969)

Ou comment la montée du nazisme provoque le déclin d’une puissante famille d’industriels.
Malgré la noirceur presque lyrique de l’ensemble, quelques belles idées et quelques moments superbement dérangeants, l’ennui a pris le dessus. C’est fort, mais aussi très long et glacial.

Cabaret * (Bob Fosse, 1972)

Ou comment un cabaret essaye, grâce à son divertissement extravagant, de faire oublier aux visiteurs les difficultés de la vie et les menaces grandissantes du monde extérieur. Et pour la petite histoire, Sally Bowles, chanteuse du club, est partagée entre deux hommes.
Jamais je n’aurais pensé m’ennuyer autant. Le scénario, faiblard, n’est jamais drôle et rarement touchant, les numéros musicaux sont décevants (les chansons sont bonnes, mais la choré ne suit pas), et côté mise en scène je dénonce une usurpation d’Oscar (en 1972, l’année du Parrain). Seul le montage sort du lot. Au casting, Joel Grey campe un excellent Maître de Cérémonie carrey-esque, Michael York fait ce qu’il peut. Par contre, gros blocage avec Liza Minnelli. Je ne supporte ni sa tête, ni sa voix, ni son jeu. Bon, ça m’a donné envie de voir la comédie musicale, c’est déjà ça.

lundi 7 juin 2010

Larmes à l’œil


- Je ne m’étendrai pas trop sur le sujet (les mots sont de toute façon trop faibles), mais l’adieu à Denis était un moment très fort. On aurait mal pu imaginer plus bel hommage que celui-là. Chapeau bas et merci aux organisateurs. La célébration était à la fois magnifique et déchirante. Evidemment déchirante. A la douleur de voir un pote s’en aller s’ajoute celle de la famille, des amis proches. Ceux-ci ont été exemplaires de dignité et de courage. Ce fut un adieu terrassant de tristesse, mais aussi porteur d’un message qui a résonné en chacun de nous : faisons rayonner la lumière que Denis dégageait. Souvenons-nous de sa gentillesse, de son intelligence, de son optimisme, de son talent, de sa bonté. Souvenons-nous que nous sommes fragiles. Soyons forts, vivons heureux. La vie est trop courte.

- Après ce genre d'événement, un ressourcement campagnard tombe à pic. Le hasard du calendrier nous a fait fêter le même jour les 25 ans de vie de ma chère sœur. Un petit barbec' entre amis, il n'y a que ça de vrai.

- Il paraît déjà loin le temps où je sacrifiais, en pleine session d’exams, des après-midi entiers pour suivre Roland-Garros. Depuis quelques années, je dois me contenter des finales. C’est cool pour Schiavone. Personne n’avait parié sur elle, mais rien qu’à voir son sourire, on se dit que ce trophée semblait lui être destiné. Respect aussi pour Rafael Nadal, qui a balayé Soderling. Le Suédois n’a rien su faire… Quand Nadal est au top de sa forme, il est simplement invicible – du moins sur terre battue. Une finale sans suspense n’a rien d’excitant, mais une bonne petite leçon de tennis est toujours bonne à prendre. Quel joueur incroyable… Mais le plus beau, c’était ses sanglots d’émotion. Derrière l’exploit sportif, la performance physique surréaliste, le prestige et la gloire, l’être humain est réapparu, libéré de la pression (auto-)infligée, bouleversé de bonheur d’avoir atteint un objectif visé depuis un an. Tout le reste, c’est secondaire. C’est du bonus.


- Petit coup de pub pour Blog à Part, un blog collectif alimenté par des "chroniqueurs associés", réunis par Vincent Engel (romancier/chroniqueur/dramaturge/prof à l’IHECS).
Alain Berenboom, Hugues le Paige, Claude Javeau, Jean-Louis Lippert, Jacques De Decker ou encore Vincent Engel lui-même y prêtent leur plume pour évoquer des faits d’actualité ou des traits d’humeur, que ce soit en politique ou en culture. A ouvrir tous les matins, une tasse à la main. Café noir ou thé vert, au choix.

- Cold Souls **, de Sophie Barthes.
En pleine répétition de l’Oncle Vania de Tchekov, Paul Giamatti (dans son quasi-propre rôle) est en proie à de profondes angoisses. C’est alors qu’il apprend dans un article du "New Yorker" qu’il existe un laboratoire qui permet de se faire extraire l’âme. Stockée bien au froid, elle ne nous cause plus de souci. Fini les tourments de l’âme ! Paul se laisse convaincre. Problème : depuis l’opération, il se sent vide, ne ressent plus rien. Pire encore : il ne sait plus jouer Vania. Les choses vont mieux quand il emprunte l’âme d’un poète russe. Mais quand il veut récupérer la sienne, le labo lui annonce qu’elle a disparu. Il s’embarque alors dans une lutte contre des trafiquants d’âmes…
Avec son pitch fantastique et son petit budget, Âmes en stock (en VF) évoque inévitablement les scripts joyeusement tordus de Charlie Kaufman (Being John Malkovich, Eternal Sunshine of the Spotless Mind). A l’instar de ce dernier, Sophie Barthes prend son idée farfelue très au sérieux et on se laisse facilement embarquer dans cette drôle d’histoire. L’aspect "petit budget" du film, débarrassé d’effets visuels grossiers, lui donne davantage de crédibilité, un petit supplément d’âme. Pourtant, on finit par trouver le temps un brin longuet : la comédie manque de rythme, le drame manque de profondeur et l’intrigue se fait finalement peu satisfaisante (on ne voit pas assez les conséquences d’une perte d’âme). La portée philosophique du pitch à peine effleurée, c’est l’émotion qui en pâtit. Emergent ici et là quelques moments tordants ou touchants. Reste le casting, franchement délicieux: les trop rares David Strathairn, Emily Watson, Lauren Ambrose (Six Feet Under). Et Paul Giamatti. Avec le recul, Cold Souls n’est pas grand chose d’autre qu’une déclaration d’amour à Paul Giamatti, forcément phénoménal. Il joue ici son propre rôle, mais il nous livre là un mix de tous les personnages de sa filmographie. Certes, il s’en donne à cœur joie quitte à frôler le cabotinage, mais on peut le remercier, en quelque sorte, de sauver le film de l’ennui.